24.6.07

Non je ne suis pas en Angleterre

Je dis ça pour vous dispenser de me poser la question, merci. D’abord, j’ai plus de thunes, ensuite un nombre incalculable de tuiles a chu sur mon adorable visage depuis jeudi soir – celui de la fête de la musique. Entre ce soir là et le lendemain matin, votre humble serviteur, parti d’humeur joyeuse et en santé magistrale, s’est retrouvé exsangue et six pieds sous terre, physiquement, moralement, financièrement, enfin la totale. J’épargnerai les détails à mon public, je sais trop bien ce que ça fait que d’écouter les lamentations des autres pour leur imposer les miennes. Enfin, j’évoque quand même un sombre crétin qui à la Flèche d’Or m’a grillé la main avec sa clope. Comme je l’apostrophais un peu (« Espèce de fils de pute sarkozyste de merde, tu m’as brûlé ! »), il m’a regardé avec le regard ballot et abruti du citoyen lambda pour qui griller son prochain fait partie des dommages collatéraux liés à la consommation du tabac ; en d’autres termes, « avoir le droit » de fumer comprend logiquement d’« avoir le droit » de griller le voisin avec sa clope. « J’ai pas fait exprès », a-t-il eu néanmoins l’extrême délicatesse de préciser. Je suppose que j’aurais dû m’en réjouir. Trop pris par l’urgence de passer ma main sous l’eau je ne lui ai pas tuméfié la gueule au chalumeau comme je l’aurais fait en temps normal. Fils de pute. Je lui aurais grillé le trou de balle au cigare. Mais il faut savoir pardonner aux brebis égarées, et cet incident d’ailleurs n’a été qu’un épiphénomène risible à côté de ce qui m’attendait.

Bon, en attendant, donc, je ne suis pas en Angleterre. Pire, je suis chez mes parents, comme un gros con, sans la moindre énergie, absolument vidé de toute substance. Pis encor, je me prépare à partir pour quelques jours d’introspection chez mon grand-père, dans la Nièvre. Rock ‘n Roll. Reculer pour mieux sauter, le phénix qui renaît de ses cendres, ouais, voilà. Heureusement je suis seul et personne ne me fait chier pour que je baisse le son quand j’écoute ma musique ; ma toute dernière découverte étant le fabuleux John and Yoko, de John and Yoko, précisément, ouï à plein volume il y a de cela quelques heures. Partagé entre l’hilarité, la fascination et l’extase, j’ai connu quelques stimulantes minutes d’éveil. Après quoi je me suis fait du riz, deux œufs au plat et un bon vieux steack haché. Sachez par ailleurs que j’assaisonne le tout d’une forte quantité de poivre et de tabasco, et que je fais passer le tout en buvant du jus d’orange « 100% pur jus ». Seulement, celui-ci vient de chez Carrefour, et s’avère donc nettement moins bon (et nettement moins 100% pur jus, faut pas me prendre pour un con) que celui de chez Monoprix.


D’ailleurs, les Rolling Stones sont définitivement un grand groupe (période Brian Jones s'entend). Et je ne suis pas en Angleterre. En attendant, je mange une banane et je dors.

18 exégèses:

Marcus said...

Boing bong bang. Je rebondis.

Marcus said...

C'ess ta stratégie pour t'éparger de vivre jusqu'à 50 ans ?

Ca c'est fini avec des coups d'extincteurs ?

Marcus said...

Je te laisse corriger les fautes en lisant.

Your Dog said...

Tiens voilà, si je revois l'abruti en question je lui mets le tuyau de l'extincteur dans une narine et j'appuie sur la gâchette !

mme hanschneckenbühl said...

Ca me rappelle une histoire, ça : mon cousin, quand il était ado, s'est volontairement laissé écraser une clope sur la main par un pote, dans le but d'impressionner une fille. Faire croire qu'il était un homme. Résultat, la meuf l'a traîté de débile et a évité de le recroiser par la suite.

Your Dog said...

Il m'est d'ailleurs arrivé à peu près la même chose à un stage de musique : il y avait une très jolie altiste avec qui on se tournait autour, comme j'étais inspiré j'ai écrit un quatuor flamboyant que je lui ai dédié en lui offrant la partition manuscrite. Comme ça ne devait pas être assez, elle m'a demandé de la signer de mon sang. Et, comme je jouais du piano dans l'aprem, je ne pouvais pas me saigner les doigts : j'a donc sorti mon canif et me suis piqué la cuisse, assez profondément. Néanmoins, le sang ne venait pas, j'ai donc essayé le bras, le torse, et en enfonçant bien en plus, je morflais comme un taré, et pas de sang. Elle était carrément dégoûtée ; en fin de compte mon avant bras, plus irrigué, a fini par éjaculer un minable filet de sang sur la feuille, j'ai plus ou moins apposé mon nom, et on ne s'est plus parlés jusqu'à l'année suivante. Quel con.

mme hanschneckenbühl said...

L'ennui, avec l'amour, c'est que quand tu penses donner à quelqu'un qui ne t'aime pas une preuve d'amour, l'autre en face prends ça comme une preuve que t'es taré.

Your Dog said...

Ouais en l'occurrence c'était moins une preuve d'amour qu'une manière de jouer les superhéros stoïques au-dessus de la douleur, ça m'apprendra grrrrrrrrr

mme hanschneckenbühl said...

Ce qu'ignorent généralement les garçons, c'est que les filles n'aiment pas les superhéros ; elles préfèrent les hommes "sensibles".

Your Dog said...

"Les filles", "les filles", c'est vite dit. Et puis quand tu vois le succès des sosies de Booba, y'a de quoi se poser des questions. Cela dit, tant que ça n'empiète pas sur l'attraction sexuelle suscitée par les sosies de Marc Bolan, je ne me plains pas ;)

mme hanschneckenbühl said...

Moi, perso, je suis plus Marc Bolan :D

Your Dog said...

J'ai cru comprendre ;)

Anonymous said...

J'aiç un bon titre pour cet article: "Grandeur et décadence d'un petit bourgeois d'extraction provinciale"... Pas mal, non ?

Your Dog said...

Mais bravo ! Le gars qui veut nous faire le numéro de "celui-à-qui-on-n'la-fait-pas" et qui se coule lui-même MOUAHAHAHA ! Si je parle de la Nièvre, mon grand, ça ne veut pas dire qu'il s'agit de omn homeland, ou que ma famille en est originaire. Vois-tu, dans les familles d'obédience aristocratique - telles que la mienne - il est d'usage de disposer d'un pied à terre loin des turpitudes de la capitale. En l'occurrence, mon grand père dispose d'un petit château non loin de Nevers, en plus de son appart rue de Varenne (7ème arrondissement, tu ne dois pas connaître). Bref, le réflexe dont tu viens de faire état prouve seulement que tu n'es qu'un pauvre bourgeois parmi d'autres, tout au plus un nouveau riche, tu n'impressionnes personne, ton anonymat ne suscite nul mystère et je me marre d'autant plus qu'au final je n'ai rien à foutre de me classe sociale ni de mon extraction, ayant renié l'une comme l'autre.

Bisous

Ton Chien

Anonymous said...

Ce n'était pas une attaque du tout !

Anonymous said...

Moi je suis en Angleterre.

Your Knight said...

J'ai l'impression que your dog a beaucoup besoin de se justifier par rapport a son milieu d'origine. Il souhaite vraiment que tout le monde sache bien qu'il est "d'obedience aristocratique"(: ce qui d'ailleurs veut tout et rien dire. Je suppute que ca veut dire qu'il a du sang noble mais a quelques generations au-dessus. Qu'il y a eu des mesalliances, et qu'il est maintenant plus roturier que noble. Ce qui explique tellement pourquoi il veut encore et toujours prouver qu'il vient d'un bon milieu, qu'il a du sang noble...)

Complexé va.

Your Dog said...

On a mêe droit au "et tu te justifies !" pour cacher son petit coup de gueule made in Taïwan ! C'est-y pas mimi? Chapeau l'artiste, en tout cas, ta rhétorique nous impressionne, continue.

Bisous

Ton Chien