3.7.09

Renaître de ses cendres

Peuples,

Par la présente, soyez avertis de la réouverture de ce blog

De mes nouvelles, terriens, vous n'avez pas eu pendant plus d'un an, du moins en ce qui concerne cette plateforme au moyen de laquelle je me mets en scène, comme disent les cyniques blasés sarkozystes.

Sachez que je suis toujours alcoolique, que j'ai un groupe de rock qui tue sa mère la pute et qui répond au doux nom de The Burnin Jacks (http://myspace.com/theburninjacks), que les Freeks, bien qu'ils ne sillonnent plus la ville avec leur légendaire cruauté et leur beauté insolente, restent à jamais dans nos coeurs, que j'ambitionne de partir de nouveau aux Etats-Unis, ainsi qu'à Bruxelles, Amsterdam, Berlin, que je vais faire la grosse teuf sur du gros son cet été à Bénicassim, que moi et les miens n'avons de cesse d'incarner les fantasmes les plus extrêmes de notre génération par le biais de notre être-au-monde fait d'arrogance, de passion et de notre désir insatiable de liberté.

A ce titre, j'ai une haine toujours aussi prononcée pour le dénommé Nicolas Sarkozy. Cette haine s'étend dans un premier temps aux fils de pute qui bossent avec/pour lui, dans un temps second à ceux et celles qui soutiennent son action néonazie (le camp de concentration de Roissy existe toujours), dans un temps tiers à tous les rabat-joie qui me soulent parce que je chante, crie, pisse, chie, me branle dans la rue à des heures auxquelles dorment ceux qui aspirent à une normalité morbide. Qu'ils sachent que je leur pisse à la raie.


Ma mission - je l'ai acceptée - sera désormais de bouter la résignation hors de la planète et de l'espèce humaine, de déchaîner les passions les plus variées, fussent-elles contradictoires, de poursuivre avec fracas ma trajectoire vers la mort sans jamais vivre à moitié ; il s'agira, en un mot, d'être bruyant.



BRUYANT !!!


SA MERE LA PUTE !!!


MOUAHAHAHAHAHAHAHAHAHA !!!







and now I wanna be your dog

now I wanna be your dog


now I wanna be your dog


COME ON !!!

13.7.07

Oui je sais...


... que ça ne se fait pas d'étaler aussi éhontément mon insolente beauté. Heureusement, un faux-air de Mowgli me sauve d'une perfection trop totale. Je m'aime.

Blue moon
You saw me standing alone
Without a dream in my heart
Without a love of my own

Blue moon
You knew just what I was there for
You heard me saying a pray for
Someone I really could care for

Blue moon
You saw me standing alone
Without a dream in my heart
Without a love of my own

Blue moon...
Without a love of my own

28.6.07

Non, je ne suis pas dans la Nièvre

Je devais partir hier, mais il y avait les soldes donc je me suis dit que je resterais un jour de plus, seulement j’ai appris entre temps qu’il y avait un anniv surprise organisé pour un kamarade samedi soir ; samedi moins jeudi ça aurait fait deux jours, ce qui est un peu chiche. J’opte donc pour les Yvelines, où je goûterai à une paix relative, en attendant la possibilité de goûter dans quelques jours aux joies terriennes des dionysies champêtres. J’aimerais sortir de ce corps débile, gigantesque, maladif et difforme, m’en extraire, non pas dans le cosmos mais infiltrer de nouveaux corps, des corps parfaits, comme le mien quand trop rarement je me sens bien. J’aimerais bien être une meuf, pour voir. Avoir des seins, les masser, comprendre exactement ce qui m’excite alors, caresser mon clitoris, inlassablement. Je serais une authentique salope, selon les critères de mes contemporains ; comme il est plus aisé pour une jolie fille de coucher avec des beaux-gosses que le contraire, je m’en donnerais à cœur joie. Quoique. Dans ces circonstances, peut-être serait-ce une régression ? Je me plongerais quoi qu’il en soit dans le saphisme le plus total, celui auquel on ne peut être qu’attiré en écoutant Rosemary’s Lullaby, d’Ultra Orange et Emmanuelle, un saphisme intense et charnel, volcanique, éjaculatoire. Parviendrais-je à oublier alors que j’ai été un mec ? There’s some kind of love that can bring you down like a wave of fear.

Ce qui est sûr, c’est que contrairement à la plupart des meufs existantes, je mettrais à profit le fait d’être attirante pour faire l’amour avec tout le monde, enfin en demeurant un minimum select cela va de soi. Oh Bunny ! Et je rigolerais au nez des gros cons frustrés et des nanas jalouses et hargneuses qui me traiteraient de traînée, d’ « open chatte », je jouirais et pas eux. J’emploie cependant un peu trop le conditionnel et me dois de préciser qu’en l’état actuel des choses je jouis tout de même à une cadence qui ferait des envieux si j’en divulguais la teneur. Mais dans l’immédiat, je suis vraiment dans un mood cataclysmique, atrophié au possible, amputé de ma vitalité. Is it written with your blood, or is it just a lipstick note ? Toujours est-il que l’espèce de retenue de la plupart des filles à faire l’amour gratuitement m’a toujours surpris ; est-ce que je fais des histoires, moi, dans de pareilles circonstances ? Je crois qu’il y a dans l’inconscient collectif une sorte de persistance du cliché sexe = bébés dans neuf mois, c’est odieux, il faut que cela cesse. C’est pourquoi il est urgent que je devienne Supersaloppe Ière. A défaut, il faudrait que j’éduque une fille (ou plusieurs) à suivre cette illustre voie ; je serais presque prêt à procréer pour alimenter cette noble cause. Je trouve ça un peu con comme slogan de chanson, « Nobody Will Touch My Shadow » ; jusque là l’album se tient, mais là on passe de l’autre côté de la ligne, dans le triste paradigme où on écrit pour que les gens se disent « puté coman té tro rokanerolle ! ». Heureusement l’album n’est pas fini, et se laisse par ailleurs écouter très gentiment. Emmanuelle Seigner m’a toujours été très sympathique, en outre, bien que je ne l’aie vue à l’œuvre que dans La 9ème Porte de son tendre époux. Les démocrates, féministes et autres cons me diront sur le ton du reproche que je la trouve cool parce qu’elle est mignonne et que j’ai envie de la pénétrer (il faut que je me débarrasse de cette phraséologie néohouellebecquienne), ce à quoi je réponds : oui et alors ?

De plus, sa voix m’excite – won’t lovers revolt now ? Ce qui est particulièrement attristant avec le féminisme, c’est qu’il s’oppose de manière formelle à ce que l’on puisse ne serait-ce que considérer une meuf sous l’angle de son sex appeal. Ce qui est une vaste fumisterie : si le féminisme n’avait pas été le fait de femmes moches et à la rhétorique grossière, il consisterait à permettre aux filles d’exercer librement leur désir et à considérer autrui d’un point de vue exclusivement sexuel quand ça leur chante. Je me rends compte que je dis des banalités et que j’arrive un peu après la bataille pour pas mal de monde, évidemment, mais pour une fille libérée, combien de bobonnes, combien de féministes castratrices, combien de mères au foyer, combien de psychofrigides ? Je vous le demande. Et j’y réponds pour vous : beaucoup.

Le rapport de force est comparable à celui entre les individus beaux et, réunis, les moches, les pas-drôles, les médiocres, les autres, les beaux-mais-fades. Cela dit je sens bien arriver une grosse chaudasse pour m’objecter que « hé pov mec, moi je couche avec qui j’veux et je désire à tour de bras c’est toi le pauvre coincé réactionnaire à deux balles je suis une meuf et je suis libre ça te pose un problème, gros con, ça te pose un problème ». Le pire dans cette histoire, c’est que je risquerais de prendre acte de la remarque, alors qu’elle proviendrait très probablement d’un beauf qui se marre derrière son clavier, ou alors d’une cruche qui se croit épicurienne parce qu’elle a un mec et un amant et qui tiendrait vis-à-vis de la féminité le même discours que Jean-Michel Apathie au sujet de la classe médiatique : « il est absolument inenvisageable que les journalistes puissent être aux ordres du pouvoir établi / il est totalement inconcevable que des meufs puissent ne pas obéir à leurs désirs, ni être conscientes de ceux-ci ».

Je m’égare, je suis vraiment parti dans un vieux laïus. C’est effrayant à quel point j’écris n’importe quoi. Le pire, c’est en plus que je m’en excuse, comme un con, alors que je pourrais tout simplement reprendre le texte, l’amputer de ceci, l’enrichir de cela, saupoudrer le tout de quelques petites piques colorées, de quelques boutades coquines et hop-là, le tour serait joué, mais c’est pas mon genre. Trop paresseux. Donc je laisse le texte choir dans toute sa lourdeur, lourdeur elle-même magnifiée par ce mea-culpa qui traîne depuis plusieurs phrases.

Bon, pour faire passer la pilule, voici un très joli poëme que j’avais écrit en 2006, vers novembre-décembre :

Quand la vie naît alors de l’amoure précaire
On est très innocent, on ne cherche qu’à plaire

Plus long qu’un « bonjour », plus court qu’un poème d’Hugo, Valéry, Sartre. Oui, Sartre, le vieux moche qui a écrit que l’enfer c’est les autres. De temps en temps je le classe parmi les comiques, d’autres fois parmi les poëtes, bientôt il ira parmi les chansonniers, je trouve qu’il partage avec Bobby Lapointe le sens de la formule, cette intuition de la vanne rigolotte, de la phrase bien tournée qui ne veut rien dire mais qui épate le premier pékin venu. Sartre…

Oui, Sartre, ce même abruti qui a écrit le diable et le bon dieu, cet infâme navet pseudo-théâtral qui prétend expliquer par a + b que la liberté est impossible, car la liberté pour Jay-Pi, c’est de ne pas livrer un secret à son bourreau quand on se fait torturer. Le bel esprit. Cela dit l’existentialisme a certainement un peu d’intétêt, et je n’ai pas lu l’ouvrage le consacrant comme un humanisme, cela dit ça collerait bien avec ce que j’écoute en ce moment (Gustââve Naast s’égosillant comme un porc en parlant des va-et-vient d’une quelconque gourgandine, tentant de ressembler à Pitt Doherty – d’ailleurs on entend même un toussement et l’écho du studio à la fin du morceau, c’est trop des punk rockers). Sartre, Sartre, comment est-il possible qu’on ait accordé un quelconque crédit à un type aussi moche ?

Il faut avoir superbement ignoré Nietzsche pour ne pas se douter qu’un garçon aussi laid ne pourrait qu’enfanter des idées dangereuses et sclérosées. Sartre, c’est un peu le point aveugle de la philosophie – non je n’essaie pas du tout de faire le lien avec ce que j’écoute, non non pas du tout, tu te trompes mouahahaha. Que penser de Naast ? Ahhhhhhh… Le sujet est trop vaste pour aujourd’hui, une autre fois peut-être… Enfin je signale juste que Clod me fait marrer avec les trois notes de clavier qu’on entend de temps en temps pour faire genre « on a un clavier ». Ce gars doit vraiment se prendre pour Ray Manzarek, lunettes de soleil en plus. Inutile de préciser qu’il a tort.

Cette note commence à devenir longue ; pourtant j’aurais voulu rappeler que c’est le début des soldes, que ma grande petite sœur est revenue d’Angleterre, que la moralité n’est que l’instinct grégaire individuel, que ma guitare est trop belle, que mon vélo est trop beau, et qu’entre les deux il va falloir que je mue assez vite pour redevenir le S… sublime et irradiant de fougue que je ne suis plus qu’à moitié assommé que je suis, à moins, évidemment, que je ne devienne Supersalope Ière, mais je n’ai plus qu’une vingtaine d’euros sur mon compte en banque, la chirurgie ce sera donc pour une autre fois. Je rêverai que je suis un monstre tentaculaire maquillé façon New York Dolls qui envoierait ses longs bras gluants absorber les corps les plus beaux pour m’en régénérer et je serais la plus belle créature ayant jamais existé dans le système solaire dont je serai désormais l’astre dominant ; et les belles naïades, même conscientes du danger encouru, viendraient s’exposer à mes rayons langoureux, submergées qu’elles seront par les radiations de la beauté de l’Être Absolu – moi. Je pleurerai en elles et me noierai dans leur beauté pour enfin ne jamais mourir, trou noir sexuel d’une galaxie de désirs retrouvés.


Comparini
envoyé par TDLYON


24.6.07

Non je ne suis pas en Angleterre

Je dis ça pour vous dispenser de me poser la question, merci. D’abord, j’ai plus de thunes, ensuite un nombre incalculable de tuiles a chu sur mon adorable visage depuis jeudi soir – celui de la fête de la musique. Entre ce soir là et le lendemain matin, votre humble serviteur, parti d’humeur joyeuse et en santé magistrale, s’est retrouvé exsangue et six pieds sous terre, physiquement, moralement, financièrement, enfin la totale. J’épargnerai les détails à mon public, je sais trop bien ce que ça fait que d’écouter les lamentations des autres pour leur imposer les miennes. Enfin, j’évoque quand même un sombre crétin qui à la Flèche d’Or m’a grillé la main avec sa clope. Comme je l’apostrophais un peu (« Espèce de fils de pute sarkozyste de merde, tu m’as brûlé ! »), il m’a regardé avec le regard ballot et abruti du citoyen lambda pour qui griller son prochain fait partie des dommages collatéraux liés à la consommation du tabac ; en d’autres termes, « avoir le droit » de fumer comprend logiquement d’« avoir le droit » de griller le voisin avec sa clope. « J’ai pas fait exprès », a-t-il eu néanmoins l’extrême délicatesse de préciser. Je suppose que j’aurais dû m’en réjouir. Trop pris par l’urgence de passer ma main sous l’eau je ne lui ai pas tuméfié la gueule au chalumeau comme je l’aurais fait en temps normal. Fils de pute. Je lui aurais grillé le trou de balle au cigare. Mais il faut savoir pardonner aux brebis égarées, et cet incident d’ailleurs n’a été qu’un épiphénomène risible à côté de ce qui m’attendait.

Bon, en attendant, donc, je ne suis pas en Angleterre. Pire, je suis chez mes parents, comme un gros con, sans la moindre énergie, absolument vidé de toute substance. Pis encor, je me prépare à partir pour quelques jours d’introspection chez mon grand-père, dans la Nièvre. Rock ‘n Roll. Reculer pour mieux sauter, le phénix qui renaît de ses cendres, ouais, voilà. Heureusement je suis seul et personne ne me fait chier pour que je baisse le son quand j’écoute ma musique ; ma toute dernière découverte étant le fabuleux John and Yoko, de John and Yoko, précisément, ouï à plein volume il y a de cela quelques heures. Partagé entre l’hilarité, la fascination et l’extase, j’ai connu quelques stimulantes minutes d’éveil. Après quoi je me suis fait du riz, deux œufs au plat et un bon vieux steack haché. Sachez par ailleurs que j’assaisonne le tout d’une forte quantité de poivre et de tabasco, et que je fais passer le tout en buvant du jus d’orange « 100% pur jus ». Seulement, celui-ci vient de chez Carrefour, et s’avère donc nettement moins bon (et nettement moins 100% pur jus, faut pas me prendre pour un con) que celui de chez Monoprix.


D’ailleurs, les Rolling Stones sont définitivement un grand groupe (période Brian Jones s'entend). Et je ne suis pas en Angleterre. En attendant, je mange une banane et je dors.

20.12.05

La moralité n'est que l'instinct grégaire individuel



Ce bon mot de Friederich Nietzsche me ravit à chaque fois que j'en envisage la simple pensée. J'y adjoins en ma générosité bienveillante l'épigraphe du Gai Savoir:

J'habite ma propre maison
Je n'ai jamais imité personne en rien
Et je me ris de tout maître qui n'a su rire de lui même