22.1.10

revolver

J'ai réécouté pour la première fois depuis longtemps (au moins deux semaines) Revolver, des Beatles. Révélations.


1. Taxman. Seconde chanson sur les impôts du guerrier Harrison (après Think For Yourself, sur Rubber Soul, où il s'en prenait au gouvernement qui lui prenait trop de fric, l'obligeant à attendre son cachet suivant pour la construction du jacuzzi "pour invités" de sa nouvelle baraque). George le Génie - c'est son surnom dans le métier - ne doute pas une seconde et croit son sujet très rock'n roll, à tel point que musicalement la chanson est quand même cool - surtout grâce à un McCartney qui a le mojo à la basse. Mais on a quand même de la peine pour Harrison, le Beatle relou qui ne fait que tirer la tronche de A à Z.

2. Eleanor Rigby. Cette chanson est incompréhensible. Absurde. Après une intro in medias res, comme le souligne à l'envi mon ami Elias, une chanson dont le thème (les gens seuls, d'où viennent-ils ?), l'orchestration (quatuor à cordes), le rythme (des accords saccadés trop stressants) et la voix (celle, plaintive, de Paul le con à l'apogée du délire autiste) n'ont rien, mais alors rien du tout de rock'n roll, de sexy, de jeune. Un Paul en roue libre, avec une mélodie pourrave, des paroles nulles, un sujet qui se veut social mais qui n'est que chiant, enfin bref, une chanson bien pourrie comme seul Paul sait en composer (n'oublions pas l'onctueux "I'll Follow The Sun", l'improbable "What You're Doing", l'odieux "She's Leaving Home", l'épidermiquement insupportable "Honey Pie" ainsi que son gros tube immonde "Hello Goodbye").

3. I'm Only Sleeping. Astucieux, John l'intello a mis en scène la progression de l'album pour mieux mettre en valeur l'une de ses grandes chansons ! Prise en tenaille entre Eleanor Rigby et Love You To, cette pépite fait figure d'oasis au milieu du désert. Pourtant, elle n'avait pas besoin d'une aussi étrange mise en scène pour que l'on en apprécie le charme langoureux et acide. Magnifique essai philosophique sur la flemme, auquel j'applaudis des deux mains.

4. Love You To. George est de retour ! Premier essai de chanson 100% estampillé "musique indienne" pour George le Génie, grande souffrance pour l'auditeur qui, au terme d'une intro toute naze se retrouve sur une sorte de chant dépressif calé sur un rythme insistant et monocorde, appuyé de temps à autres par une sorte de presse-agrumes électrique enragé.

5. Here, There and Everywhere. Souvieux de se faire pardonner de son monstrueux Eleanor Rigby (single de l'album avec Yellow Submarine, on ne le rappellera jamais assez), Paul le con signe sans doute l'une de ses plus belles chansons, qui est également l'une des plus belles du monde. Pamphlet céleste sur l'amour total, Here There and Everywhere est aussi l'occasion pour les Beatles d'enfoncer méchamment les Kinks sur leur propre terrain : voix sussurrée, choeurs d'orfèvre, mélodie parfaite où s'entrelacent mélancolie et plaisir vainqueur, le joyau de McCartney a le mérite d'avoir un sujet plus intéressant que le soleil se couchant sur la gare de Waterloo où Terry rencontre Julie tous les vendredi soir (au lieu d'aller au sauna pour perdre du poids) sous les yeux de Ray Davies qui n'a pas besoin d'amis pour apprécier ce singulier et délectable spectacle. John ne s'est pas trompé en déclarant à Paul qu'il aurait aimé écrire une chanson aussi belle.

6. Yellow Submarine. Même si les Beatlemaniacs aiment détester ce bon gros single des quartiers, moi je l'aime. D'abord parce que c'est Ringo qui le chante (bon d'accord il chante aussi l'intolérable "Good Night", mais l'heure n'est pas aux contre-exemples), d'autre part parce qu'elle a ce côté populaire et enfantin qui m'enchante (Paul essaiera de retrouver cet aspect mais avec une condescendance gogole avec Hello Goodbye), ce côté "et maintenant, chantons tous ensemble !", et finalement parce que je kiffe la plage instrumentale avec les bruits de sous-marin, ainsi que les questions réponses à la fin ("Sky of blue - SKY OF BLUE - and sea of green - SEA OF GREEN - in our yellow - IN OUR YELLOW - submarine - SUBMARINE HEEHA !").

7. She Said She Said. Joies de l'acide lysergique qui inspire cette chanson trop psyché sa mère à un Lennon bien chéper tavu. En plus j'ai la satisfaction de savoir que c'est lorsque ce relou de Peter Fonda lui expliquait qu'il savait ce que c'était que d'être mort en plein trip à l'acide que John a eu l'idée de cette chanson moqueuse et nourrie d'une ô combien jouissive distorsion bien gore.

8. Good Day Sunshine. Très chouette chanson décontractée d'un Paul à qui décidément tout sourit (si l'on excepte le douloureux Eleanor Rigby, mais à ce stade généralement on l'a oublié). Rien à ajouter.

9. And Your Bird Can Sing. Chanson pas mal de John, avec des paroles un peu limite, mais bon, ça se laisse écouter. Noter la ressemblance du couplet avec celui de "Where Everybody Knows Your Name".



10. For No One. Magnifique et déchirante chanson sur l'indifférence et la rupture, signée Paul, dont cet album signe l'apogée. Impossible de décrocher de ces accords plaqués par groupes de quatre, de cette cadence majeure retrouvée à la fin du refrain, de ce solo de hautbois trop improbable. Deuxième des trois chefs d'oeuvre de McCartney sur cet album.

11. Doctor Robert. Sans être un crû exceptionnel de John, cette chanson est vraiment très kool. Rien à ajouter.

12. I Want To Tell You. Honnête boulot de Harrison.

13. Got To Get You Into My Life. Troisième des trois chefs d'oeuvres McCartneyesques de cet album. Cuivres succulents, texte adorable traitant de l'expérience de l'addiction comme désir et non comme manque, refrain percutant avec ses "ooh" trop beaux, groove implacable, cadences parfaites, hurlement déchirant du titre, bref tout concourt à faire de cette chanson une chanson majeure. Qu'elle est.

14. Tomorrow Never Knows. Malgré un délire mystique en guise de paroles, un certain je m'en foutisme sauve le texte d'une relouté façon Harrison. Autrement, c'est vraiment super trippy planant trop ouf freak out sa mère. Une fin d'album absolument renversante même. On part dans une autre dimension. Hé oui.

Que retenir de cet album, donc ? D'abord, une ouverture assez difficile, hé oui Thierry, car il faut attendre la piste 5 pour que l'album devienne d'un niveau homogène et - pour tout dire - grandiose. D'aute part, d'état de grâce de McCartney dont les deux chansons les plus faibles sont néanmoins sorties en double single (Eleanor Rigby / Yellow Submarine) et qui peut se permettre le caprice d'une chanson tout juste très bonne et sympa pour compléter l'album où siègent trois de ses plus impérissables chefs d'oeuvre. La portée historique du débit des expérimentations sonores m'intéresse peu, à ceci près que l'impact de Tomorrow Never Knows dans mes tympans demeure difficilement surpassable. John, un peu en demi-teinte, voire en tapinois, est quand même capable defrapper fort avec deux titres et demi, mais n'a pas l'air dans son assiette. Triste époque pour lui, il faudra attendre 68 pour déguster un come back aussi épique que magistral.

Thierry Mariani avoue que ses élexteurs sont ceux du FN



L'argument (bidon) de Mariani pour expliquer sa future défaite aux régionales : en cas de triangulaires PS / UMP / FN - c'est monnaie courante dans le PACA - la droite sera divisée, donc plus le score du FN est fort plus cela profite au PS. Ce qui est mathématiquement vrai.

Pourquoi ? Parce que ceux qui votent FN ne voteront jamais PS, alors qu'ils pourraient voter pour l'UMP, dont l'arsenal idéologique n'est pas très éloigné en Provencealpescôted'azur. Ce coming out de gros facho, d'une honnêteté rare, est à mettre au crédit de Titi Mariani qui, s'il rend bien vite les armes, présageant son inéluctable défaite, n'en gagne pas moins la petite parcelle d'estime que l'on doit aux neuneus de son espèce lorsqu'au détour d'une formulation rhétorique capillotractée ils montrent leur vrai visage. Tout moche.

17.1.10

considérations

1. Lorsqu'un étudiant de nationalité chinoise bute sa secrétaire d'UFR, la presse relatant l'événement précise à maintes reprises qu'il est chinois (5 fois dans la notule du Point). C'est important de savoir qu'il est chinois, comment expliquer sinon son geste meurtrier ? Lorsque Fourniret viole et tue des inconnues, par contre, on ne précise pas qu'il est français. Normal, ça n'a rien à voir.


2. "Les droits de l'homme, c'est avant tout les droits de la victime" cette phrase magique de Rachida Dati a visiblement guidé l'action de la communauté facebook qui a réagi massivement à un groupe honteux, véritable entrave à la libre expansion de la dignité humaine : "Il n'y a pas de pédophiles, il n'y a que des enfants faciles". Le groupe a évidemment été supprimé manu militari par l'administration. Pourtant c'est drôle. Mais vous comprenez, le malaise des familles, etc. En revanche, les propos d'une violence inouïe des quidam qui réagissent aux articles du Figaro, à l'encontre des immigrés (qui ont des familles), des homosexuels (qui ont des familles), des chômeurs (qui ont des familles) voire des criminels (qui ont des familles) ne dérangent personne.

3. Philippe Séguin, gaulliste gros plein de soupe, a droit à des funérailles dignes d'un authentique sauveur de la nation. Pourtant son empreinte indélébile est difficilement identifiable. Mais c'était un homme de l'ombre, un génie dont l'oeuvre est toujours restée cachée aux yeux du plus grand nombre afin de ne pas les brûler de son éclat incandescent.


4. Pourquoi tout le monde s'extasie-t-il sur l'album L.A. Woman des Doors ? Il faut pourtant reconnaître qu'il est bien pourri. Pas grand chose à sauver. C'est de la musique de trentenaires qui croient être revenus de tout et vous parlent de "Jim" comme s'ils avaient abordé tous les méandres de sa vie et sa pensée, réputée cosmique.

5. Je cherche un slim en taille 31/34. Qui soit beau. Noir, ou blanc. Pas cher. Me contacter par voie de commentaires.


6. Le 23 janvier de l'an de grâce 2010 aura lieu le prochain concert des Burnin Jacks, excellent groupe où j'ai la joie et l'honneur d'exercer en tant que chanteur/brailleur/ambianceur. Venez nombreux. C'est à la Gare aux Gorilles. Plus de détails sur facebook.

15.1.10

stereo

Je me suis laissé offrir pour Noël le coffret Beatles Stereo.
Qui met en évidence pas mal de fautes, de décalages etc, mais bon c'est les Beatles, on les aime bien, c'étaient de bons gars.

Le fait majeur de cette redécouverte, c'est que j'ai écouté une bonne quinzaine de fois d'affilée The Beatles For Sale, dont il est de notoriété publique que c'est le premier raté des Beatles. Je vais donc me livrer à une critique brève et pas constructive de ce magnifique album


1. No Reply. Choix complètement incongru pour ouvrir cet album. Cette chanson est objectivement très mauvaise ! Le délire sur la femme adultère n'aura jamais ravi que des grosses quiches telles Townshend des Who. Bref, premier motif de méfiance.

2. I'm A Loser. Grande chanson lennonienne. Attendrissante tentative d'écrire des paroles "littéraires" (Although I laugh and I act like a clown / beneath this mask I am wearing a crown). Extraordinaire mélodie, groove country à souhait, harmonica pourrave mais c'est pour ça qu'on l'aime. On entrevoit la lumière.

3. Baby's In Black. Très jolie ballade ternaire, d'inspiration clairement lennonienne, le pont est de toute beauté, avec cris stridents dans les aigus. Encore !

4. Rock'n Roll Music. Clôt un remarquable enchaînement de chansons réussies. Sans doute la meilleure reprise de Chuck Berry par les Beatles (loin devant l'abominable Roll Over Beethoven du deuxième album, chanté par George). On aime définitivement lorsque John se défonce la voix en hurlant. Hé ouais mon gars, c'est ça le rock'n roll.

5. I'll Follow The Sun. Abominable ballade sirupeuse signée Paul le con. Le pire c'est que cette chanson a bon fond, elle part très visiblement d'une bonne intention, mais elle est inimaginablement ratée, et dégueulasse. Avec sa voix de crétin de lover pour mamies.

6. Mister Moonlight. Autant écrire des chansons pourries peut arriver, autant reprendre des chansons pourries étonnera toujours le patient défricheur de l'âme humaine que je suis. Cette chanson est ignoble.

7. Medley : Kansas City / Hey Hey Hey Hey. Nul. Simple exercice destiné à montrer que Paul McCartney a de la voix. L'arrivée du Hey hey hey hey est sympathique et sauve l'auditeur agacé d'un ennui permanent. Pendant une petite dizaine de secondes.

8. Eight Days A Week. Ritournelle un peu neuneu mais cependant entraînante. Mais cependant neuneu. Mais cependant entraînante.

9. Words Of Love. Magnifique reprise de Buddy Holly, sur trois accords, un riff parfait, une harmonie vocale cristalline, écoutable en boucle 24h/24

10. Honey Don't. Pénible pour les non ringomaniaques, cette chanson s'avère pour les autres une sympathique récréation un peu nulle mais néanmoins décontractée. Il faut entendre Ringo le rigolo exhorter George "come on George rock for Ringo one more time", ainsi que les deux solos complètement identiques et pourris.

11. Every Little Thing. Comment l'un des pires couplets jamais écrits par un Beatle peut-il jouxter un refrain aussi accrocheur ? Lester le refrain de tels couplets, c'est vraiment se tirer une balle dans le pied. Avec des vers de mirliton ("When I'm walking beside her / People tell me I'm lucky / Yes I know I'm a lucky guy", TA GUEULE JOHN !)

12. I Don't Want To Spoil The Party. Crépusculaire chanson à deux voix, annonciatrice à bien des égards de Rubber Soul, dans une ambiance folk qui préfigure Simon and Garfunkel ainsi que les futures lignes de chant des Rolling Stones versant Keith Richards (Connection, Back Street Girl)

13. What You're Doing. Pour parachever la catastrophe Paul sur cet album (toutes ses chansons 100% McCartney sont des abominations), ce gros caca indéfendable. En écoutant celle-ci et Every Little Thing on ne peut que se féliciter de la pourtant regrettable évolution "littéraire" des lyrics des Beatles.

14. Everybody's Tryin To Be My Baby. Histoire de laisser un peu de temps de parole à George le génie, un rock'n roll assez moyen clôt l'album. Choix encore une fois incongru, tant George est handicapé par son manque d'envergure vocale et son accent de régional de l'étape.

Au final, il reste de cet album 5 bonnes chansons, dont 3 sont originales, un gros tube tolérable quoique bébète et 8 chansons immondes. On peut donc l'affirmer sans crainte : cet album est effectivement un naufrage.

3.7.09

Renaître de ses cendres

Peuples,

Par la présente, soyez avertis de la réouverture de ce blog

De mes nouvelles, terriens, vous n'avez pas eu pendant plus d'un an, du moins en ce qui concerne cette plateforme au moyen de laquelle je me mets en scène, comme disent les cyniques blasés sarkozystes.

Sachez que je suis toujours alcoolique, que j'ai un groupe de rock qui tue sa mère la pute et qui répond au doux nom de The Burnin Jacks (http://myspace.com/theburninjacks), que les Freeks, bien qu'ils ne sillonnent plus la ville avec leur légendaire cruauté et leur beauté insolente, restent à jamais dans nos coeurs, que j'ambitionne de partir de nouveau aux Etats-Unis, ainsi qu'à Bruxelles, Amsterdam, Berlin, que je vais faire la grosse teuf sur du gros son cet été à Bénicassim, que moi et les miens n'avons de cesse d'incarner les fantasmes les plus extrêmes de notre génération par le biais de notre être-au-monde fait d'arrogance, de passion et de notre désir insatiable de liberté.

A ce titre, j'ai une haine toujours aussi prononcée pour le dénommé Nicolas Sarkozy. Cette haine s'étend dans un premier temps aux fils de pute qui bossent avec/pour lui, dans un temps second à ceux et celles qui soutiennent son action néonazie (le camp de concentration de Roissy existe toujours), dans un temps tiers à tous les rabat-joie qui me soulent parce que je chante, crie, pisse, chie, me branle dans la rue à des heures auxquelles dorment ceux qui aspirent à une normalité morbide. Qu'ils sachent que je leur pisse à la raie.


Ma mission - je l'ai acceptée - sera désormais de bouter la résignation hors de la planète et de l'espèce humaine, de déchaîner les passions les plus variées, fussent-elles contradictoires, de poursuivre avec fracas ma trajectoire vers la mort sans jamais vivre à moitié ; il s'agira, en un mot, d'être bruyant.



BRUYANT !!!


SA MERE LA PUTE !!!


MOUAHAHAHAHAHAHAHAHAHA !!!







and now I wanna be your dog

now I wanna be your dog


now I wanna be your dog


COME ON !!!

13.7.07

Oui je sais...


... que ça ne se fait pas d'étaler aussi éhontément mon insolente beauté. Heureusement, un faux-air de Mowgli me sauve d'une perfection trop totale. Je m'aime.

Blue moon
You saw me standing alone
Without a dream in my heart
Without a love of my own

Blue moon
You knew just what I was there for
You heard me saying a pray for
Someone I really could care for

Blue moon
You saw me standing alone
Without a dream in my heart
Without a love of my own

Blue moon...
Without a love of my own

28.6.07

Non, je ne suis pas dans la Nièvre

Je devais partir hier, mais il y avait les soldes donc je me suis dit que je resterais un jour de plus, seulement j’ai appris entre temps qu’il y avait un anniv surprise organisé pour un kamarade samedi soir ; samedi moins jeudi ça aurait fait deux jours, ce qui est un peu chiche. J’opte donc pour les Yvelines, où je goûterai à une paix relative, en attendant la possibilité de goûter dans quelques jours aux joies terriennes des dionysies champêtres. J’aimerais sortir de ce corps débile, gigantesque, maladif et difforme, m’en extraire, non pas dans le cosmos mais infiltrer de nouveaux corps, des corps parfaits, comme le mien quand trop rarement je me sens bien. J’aimerais bien être une meuf, pour voir. Avoir des seins, les masser, comprendre exactement ce qui m’excite alors, caresser mon clitoris, inlassablement. Je serais une authentique salope, selon les critères de mes contemporains ; comme il est plus aisé pour une jolie fille de coucher avec des beaux-gosses que le contraire, je m’en donnerais à cœur joie. Quoique. Dans ces circonstances, peut-être serait-ce une régression ? Je me plongerais quoi qu’il en soit dans le saphisme le plus total, celui auquel on ne peut être qu’attiré en écoutant Rosemary’s Lullaby, d’Ultra Orange et Emmanuelle, un saphisme intense et charnel, volcanique, éjaculatoire. Parviendrais-je à oublier alors que j’ai été un mec ? There’s some kind of love that can bring you down like a wave of fear.

Ce qui est sûr, c’est que contrairement à la plupart des meufs existantes, je mettrais à profit le fait d’être attirante pour faire l’amour avec tout le monde, enfin en demeurant un minimum select cela va de soi. Oh Bunny ! Et je rigolerais au nez des gros cons frustrés et des nanas jalouses et hargneuses qui me traiteraient de traînée, d’ « open chatte », je jouirais et pas eux. J’emploie cependant un peu trop le conditionnel et me dois de préciser qu’en l’état actuel des choses je jouis tout de même à une cadence qui ferait des envieux si j’en divulguais la teneur. Mais dans l’immédiat, je suis vraiment dans un mood cataclysmique, atrophié au possible, amputé de ma vitalité. Is it written with your blood, or is it just a lipstick note ? Toujours est-il que l’espèce de retenue de la plupart des filles à faire l’amour gratuitement m’a toujours surpris ; est-ce que je fais des histoires, moi, dans de pareilles circonstances ? Je crois qu’il y a dans l’inconscient collectif une sorte de persistance du cliché sexe = bébés dans neuf mois, c’est odieux, il faut que cela cesse. C’est pourquoi il est urgent que je devienne Supersaloppe Ière. A défaut, il faudrait que j’éduque une fille (ou plusieurs) à suivre cette illustre voie ; je serais presque prêt à procréer pour alimenter cette noble cause. Je trouve ça un peu con comme slogan de chanson, « Nobody Will Touch My Shadow » ; jusque là l’album se tient, mais là on passe de l’autre côté de la ligne, dans le triste paradigme où on écrit pour que les gens se disent « puté coman té tro rokanerolle ! ». Heureusement l’album n’est pas fini, et se laisse par ailleurs écouter très gentiment. Emmanuelle Seigner m’a toujours été très sympathique, en outre, bien que je ne l’aie vue à l’œuvre que dans La 9ème Porte de son tendre époux. Les démocrates, féministes et autres cons me diront sur le ton du reproche que je la trouve cool parce qu’elle est mignonne et que j’ai envie de la pénétrer (il faut que je me débarrasse de cette phraséologie néohouellebecquienne), ce à quoi je réponds : oui et alors ?

De plus, sa voix m’excite – won’t lovers revolt now ? Ce qui est particulièrement attristant avec le féminisme, c’est qu’il s’oppose de manière formelle à ce que l’on puisse ne serait-ce que considérer une meuf sous l’angle de son sex appeal. Ce qui est une vaste fumisterie : si le féminisme n’avait pas été le fait de femmes moches et à la rhétorique grossière, il consisterait à permettre aux filles d’exercer librement leur désir et à considérer autrui d’un point de vue exclusivement sexuel quand ça leur chante. Je me rends compte que je dis des banalités et que j’arrive un peu après la bataille pour pas mal de monde, évidemment, mais pour une fille libérée, combien de bobonnes, combien de féministes castratrices, combien de mères au foyer, combien de psychofrigides ? Je vous le demande. Et j’y réponds pour vous : beaucoup.

Le rapport de force est comparable à celui entre les individus beaux et, réunis, les moches, les pas-drôles, les médiocres, les autres, les beaux-mais-fades. Cela dit je sens bien arriver une grosse chaudasse pour m’objecter que « hé pov mec, moi je couche avec qui j’veux et je désire à tour de bras c’est toi le pauvre coincé réactionnaire à deux balles je suis une meuf et je suis libre ça te pose un problème, gros con, ça te pose un problème ». Le pire dans cette histoire, c’est que je risquerais de prendre acte de la remarque, alors qu’elle proviendrait très probablement d’un beauf qui se marre derrière son clavier, ou alors d’une cruche qui se croit épicurienne parce qu’elle a un mec et un amant et qui tiendrait vis-à-vis de la féminité le même discours que Jean-Michel Apathie au sujet de la classe médiatique : « il est absolument inenvisageable que les journalistes puissent être aux ordres du pouvoir établi / il est totalement inconcevable que des meufs puissent ne pas obéir à leurs désirs, ni être conscientes de ceux-ci ».

Je m’égare, je suis vraiment parti dans un vieux laïus. C’est effrayant à quel point j’écris n’importe quoi. Le pire, c’est en plus que je m’en excuse, comme un con, alors que je pourrais tout simplement reprendre le texte, l’amputer de ceci, l’enrichir de cela, saupoudrer le tout de quelques petites piques colorées, de quelques boutades coquines et hop-là, le tour serait joué, mais c’est pas mon genre. Trop paresseux. Donc je laisse le texte choir dans toute sa lourdeur, lourdeur elle-même magnifiée par ce mea-culpa qui traîne depuis plusieurs phrases.

Bon, pour faire passer la pilule, voici un très joli poëme que j’avais écrit en 2006, vers novembre-décembre :

Quand la vie naît alors de l’amoure précaire
On est très innocent, on ne cherche qu’à plaire

Plus long qu’un « bonjour », plus court qu’un poème d’Hugo, Valéry, Sartre. Oui, Sartre, le vieux moche qui a écrit que l’enfer c’est les autres. De temps en temps je le classe parmi les comiques, d’autres fois parmi les poëtes, bientôt il ira parmi les chansonniers, je trouve qu’il partage avec Bobby Lapointe le sens de la formule, cette intuition de la vanne rigolotte, de la phrase bien tournée qui ne veut rien dire mais qui épate le premier pékin venu. Sartre…

Oui, Sartre, ce même abruti qui a écrit le diable et le bon dieu, cet infâme navet pseudo-théâtral qui prétend expliquer par a + b que la liberté est impossible, car la liberté pour Jay-Pi, c’est de ne pas livrer un secret à son bourreau quand on se fait torturer. Le bel esprit. Cela dit l’existentialisme a certainement un peu d’intétêt, et je n’ai pas lu l’ouvrage le consacrant comme un humanisme, cela dit ça collerait bien avec ce que j’écoute en ce moment (Gustââve Naast s’égosillant comme un porc en parlant des va-et-vient d’une quelconque gourgandine, tentant de ressembler à Pitt Doherty – d’ailleurs on entend même un toussement et l’écho du studio à la fin du morceau, c’est trop des punk rockers). Sartre, Sartre, comment est-il possible qu’on ait accordé un quelconque crédit à un type aussi moche ?

Il faut avoir superbement ignoré Nietzsche pour ne pas se douter qu’un garçon aussi laid ne pourrait qu’enfanter des idées dangereuses et sclérosées. Sartre, c’est un peu le point aveugle de la philosophie – non je n’essaie pas du tout de faire le lien avec ce que j’écoute, non non pas du tout, tu te trompes mouahahaha. Que penser de Naast ? Ahhhhhhh… Le sujet est trop vaste pour aujourd’hui, une autre fois peut-être…

Cette note commence à devenir longue ; pourtant j’aurais voulu rappeler que c’est le début des soldes, que ma grande petite sœur est revenue d’Angleterre, que la moralité n’est que l’instinct grégaire individuel, que ma guitare est trop belle, que mon vélo est trop beau, et qu’entre les deux il va falloir que je mue assez vite pour redevenir le S… sublime et irradiant de fougue que je ne suis plus qu’à moitié assommé que je suis, à moins, évidemment, que je ne devienne Supersalope Ière, mais je n’ai plus qu’une vingtaine d’euros sur mon compte en banque, la chirurgie ce sera donc pour une autre fois. Je rêverai que je suis un monstre tentaculaire maquillé façon New York Dolls qui envoierait ses longs bras gluants absorber les corps les plus beaux pour m’en régénérer et je serais la plus belle créature ayant jamais existé dans le système solaire dont je serai désormais l’astre dominant ; et les belles naïades, même conscientes du danger encouru, viendraient s’exposer à mes rayons langoureux, submergées qu’elles seront par les radiations de la beauté de l’Être Absolu – moi. Je pleurerai en elles et me noierai dans leur beauté pour enfin ne jamais mourir, trou noir sexuel d’une galaxie de désirs retrouvés.

24.6.07

Non je ne suis pas en Angleterre

Je dis ça pour vous dispenser de me poser la question, merci. D’abord, j’ai plus de thunes, ensuite un nombre incalculable de tuiles a chu sur mon adorable visage depuis jeudi soir – celui de la fête de la musique. Entre ce soir là et le lendemain matin, votre humble serviteur, parti d’humeur joyeuse et en santé magistrale, s’est retrouvé exsangue et six pieds sous terre, physiquement, moralement, financièrement, enfin la totale. J’épargnerai les détails à mon public, je sais trop bien ce que ça fait que d’écouter les lamentations des autres pour leur imposer les miennes. Enfin, j’évoque quand même un sombre crétin qui à la Flèche d’Or m’a grillé la main avec sa clope. Comme je l’apostrophais un peu (« Espèce de fils de pute sarkozyste de merde, tu m’as brûlé ! »), il m’a regardé avec le regard ballot et abruti du citoyen lambda pour qui griller son prochain fait partie des dommages collatéraux liés à la consommation du tabac ; en d’autres termes, « avoir le droit » de fumer comprend logiquement d’« avoir le droit » de griller le voisin avec sa clope. « J’ai pas fait exprès », a-t-il eu néanmoins l’extrême délicatesse de préciser. Je suppose que j’aurais dû m’en réjouir. Trop pris par l’urgence de passer ma main sous l’eau je ne lui ai pas tuméfié la gueule au chalumeau comme je l’aurais fait en temps normal. Fils de pute. Je lui aurais grillé le trou de balle au cigare. Mais il faut savoir pardonner aux brebis égarées, et cet incident d’ailleurs n’a été qu’un épiphénomène risible à côté de ce qui m’attendait.

Bon, en attendant, donc, je ne suis pas en Angleterre. Pire, je suis chez mes parents, comme un gros con, sans la moindre énergie, absolument vidé de toute substance. Pis encor, je me prépare à partir pour quelques jours d’introspection chez mon grand-père, dans la Nièvre. Rock ‘n Roll. Reculer pour mieux sauter, le phénix qui renaît de ses cendres, ouais, voilà. Heureusement je suis seul et personne ne me fait chier pour que je baisse le son quand j’écoute ma musique ; ma toute dernière découverte étant le fabuleux John and Yoko, de John and Yoko, précisément, ouï à plein volume il y a de cela quelques heures. Partagé entre l’hilarité, la fascination et l’extase, j’ai connu quelques stimulantes minutes d’éveil. Après quoi je me suis fait du riz, deux œufs au plat et un bon vieux steack haché. Sachez par ailleurs que j’assaisonne le tout d’une forte quantité de poivre et de tabasco, et que je fais passer le tout en buvant du jus d’orange « 100% pur jus ». Seulement, celui-ci vient de chez Carrefour, et s’avère donc nettement moins bon (et nettement moins 100% pur jus, faut pas me prendre pour un con) que celui de chez Monoprix.


D’ailleurs, les Rolling Stones sont définitivement un grand groupe (période Brian Jones s'entend). Et je ne suis pas en Angleterre. En attendant, je mange une banane et je dors.

20.12.05

La moralité n'est que l'instinct grégaire individuel



Ce bon mot de Friederich Nietzsche me ravit à chaque fois que j'en envisage la simple pensée. J'y adjoins en ma générosité bienveillante l'épigraphe du Gai Savoir:

J'habite ma propre maison
Je n'ai jamais imité personne en rien
Et je me ris de tout maître qui n'a su rire de lui même