(compte-rendu précédemment publié sous la forme d'une note facebook)
Oui, mes enfants, j'ai honoré de ma présence le Parc National de St Cloud en ce samedi 27 août. J'en ai retiré quelques conclusions, que j'ai pris la peine de compiler dans cette petite note facebook, pour la plus grande jouissance des petits et des grands !
- D'un point de vue gastronomique, c'est vraiment très réussi. Je recommande particulièrement le sandwich à la saucisse de Toulouse, ainsi que le jus de fruits numéro 1 du stand qui vend des jus de fruits. Vraiment très bonne ambiance.
- Amy Winehouse n'est toujours pas là.

- Birdyhunt. S'agissant de potes, je devais en être. C'était parfaitement bonne ambiance. Super maîtrisé et puissant, le set était habilement construit en crescendo, de sorte que le public, au début totalement blasé, a fini par sauter dans tous les sens sur les deux dernières chansons. Chose aussi rare qu'appréciable. Bien ouéj ! Je dirais qu'il leur manque un petit quelque chose (genre une méga compo, ils en avaient une il y a genre deux ans qui était très cool et qui n'y est plus du coup je suis triste), mais ils franchissent sereinement les étapes sans trembler. Histoire de dégainer mes vieux dossiers, je les ai vus à leur premier concert au Gambetta en 2007. LOL. Deux ans plus tard au Batofar ils cartonnaient, maintenant Rock en Seine. Je leur tire mon chapeau.

- BB Brunes. Un curieux hasard a fait tomber la pluie sur Saint-Cloud au moment où Adrien s'est mis à chanter. Les esprits retors y verront un lien de cause à effet. Vraiment, ils abusent, ce genre de raccourcis rhétoriques n'est pas sans rappeler la presse des années trente. Passons. Ce qu'il faut leur reconnaître, comme me l'indique un pote rencontré sur place, c'est qu'ils "font le job". Concernés par leur prestation, ils défendent vraiment leur set. Malgré tout, ça sonne vraiment 2008. C'est presque vintage. Vous noterez que j'épargne mon nombreux lectorat de toute digression prévisible sur les compos dont tout un chacun imagine ce que je pense - meilleur moment du set, la reprise de Gaby de Bashung - des rumeurs veulent qu'ils préparent désormais une reprise de Rehab. Bref, le tout sonne vraiment un peu à côté de la plaque, peut-être du fait de quelques réparties malheureuses d'un Adrien un peu à la masse entre les chansons (genre "vous avez froid ? c'est chaud !") même si malgré tout la frappe de Karim et la guitare de Félix sonnent vraiment cool.
- The Streets. En 2008 ils avaient remplacé Amy au pied levé pour un second set vraiment incroyable. Là, ils étaient ultra-chiants, entre ska FM et soupe inqualifiable.

- Jim Jones Revue. Relégués - on ne sait trop pourquoi - sur la scène Pression Live, Jim et ses moches entrent sur scène sous un tonnerre d'applaudissements. Leur nouveau clavier est à peu près aussi laid (quoiqu'un peu plus frime) que le précédent, mais je n'ai pas le temps d'en arriver à cette conclusion qu'éclate, comme d'hab, Hey Hey Hey Hey, la terre gronde, je saute dans tous les sens, les corps s'entrechoquent dans une épiphanie de boue et de sueur, Jim a la classe, bouge de plus en plus comme une pute (aurait-il récemment assisté à un concert des Burnin Jacks, se demande de concert la foule compacte et nerveuse), et en dépit d'un ou deux faux départs, tient son set de A à Z les doigts dans le nez, même lorsqu'il assure les solos il le fait comme si c'était la chose la plus naturelle du monde et qu'il s'y adonnait depuis son plus jeune âge. Le nouveau pianiste n'arrive pas à la cheville du précédent, joue tous les plans mais en moins bien, décalant souvent d'une ou deux notes, ressassant à l'envi les mêmes gimmicks du style slide downs cache-misère, mais bon, on s'en fout un peu de lui malgré tout. Le bassiste et le guitariste ont toujours leurs gueules d'hommes de main d'Al Capone, toute gomina dehors, et le batteur... LE BATTEUR !!! Enfin un batteur qui ne fait pas de la putain de new wave sophistiquée et relou. Un vrai putain de batteur, qui a écouté autant de fifties que de hard rock, d'une puissance de feu inégalée dans le 9-2. Sissi. Propulsant à chaque refrain le public en délire dans des pogos, sauts, slams et hurlements défiant toute logique, les JJR se permettent de plus en plus le luxe de se faire plaisir sur scène devant un public totalement dévoué, fanatique, amoureux. On regrettera l'absence de Righteous Wrong et Premeditated, ma petite chérie, mais le final - Princess and The Frog, comme d'hab également - laisse totalement sur les rotules, les cinq quadras de la Tamise s'en vont comme des princes au milieu de leur public Frog (hohoho) et me laissent pantois devant cette interrogation majeure : comment des mecs aussi moches font-ils pour avoir autant de classe et de sex appeal ?
ON EST TROP DES REBELLES !!! Y'A
UN MEC QUI FUME SUR LA POCHETTE DE NOTRE ALBUM !!! WAKANWOLL !!!
- Arctic Monkeys. Je n'ai jamais pu les blairer, mais j'y suis quand même allé avec la meilleure volonté du monde, après tout si ça se trouve en live ça déchire, c'est juste que sur disque ils sont chiants comme la pluie, peut-être que j'aurai le déclic de ma vie qui me permettra de les réécouter d'une oreille nouvelle et je me rendrai compte que non, les Artctic Monkeys ne sont pas d'immondes trous du cul besogneux et tristounets. J'ai même patienté une bonne vingtaine de minutes dans la nuit glaciale des Hauts-De-Seine avec les pieds trempés par la pluie. De l'abnégation, oui. Puis, les quatre singes arrivent sur scène et commencent à jouer. Et j'en suis venu - chose rarissime pour l'auteur de NOISE, votre vassal et serviteur - à regretter le silence. Comment dire ? C'était un déferlement totalement informe d'enchaînements absurdes d'accords mineurs qui se veulent "compliqués", sur lesquels une pauvre mélodie tristoune s'accroche comme elle peut, tenue par la voix insupportable d'Alex "je veux qu'on sache que j'aime le reggae" Turner, de temps en temps il y a un gros arrêt, ou un break batterie ou basse, puis ils reprennent leur bouillie tous ensemble, comme un seul homme, histoire qu'on comprenne qu'ils sont en place et qu'ils ont répété avec un métronome. A leur décharge, il y a quelque mérite à reprendre tous ensemble dans un tel amas improbable de coups de batterie - car leur batteur, techniquement très fort, ok, est en fait un gros autiste suractif, qui semble mû en permanence par la peur d'être oublié et se sent obligé par conséquent de taper comme un sourd en continu, à une cadence d'une trentaine de coups par seconde, pieds en mains confondus. Confondus, c'est le mot : on ne comprend rien de ce qu'il joue, et c'est bien là le drame de ce quatuor de roquets casse-couille : ils sont certes techniques mais certainement pas virtuoses, dans le sens où leurs capacités techniques n'ont rien d'enthousiasmant. Ils ne vendent au final que lesdites capacités techniques qui ne valent que pour elles-mêmes et au final, donc, ne pèsent rien. C'est vraiment infiniment mauvais. Nul. Mais vraiment. Dans les cinq morceaux que j'ai écoutés avant de prendre lâchement le chemin de la scène de l'Industrie, il n'y avait pas de compo. Rien. Le néant. Atroce. Apparemment, ça fait partie de leurs derniers albums, réputés encore plus casse-burnes que les précédents. Est-ce une excuse ? Est-ce que les Rolling Stones ouvrent le bal avec les immondices de A Bigger Bang ? Bref. D'une mocheté absolue, donc, les "chansons" en question auraient pu malgré tout trouver leur raison d'être comme générique de film de série-Z ultra violents : le tempo survolté et les accords mineurs s'y prêtent (encore faudrait-il que Turner fermât sa gueule, mais rêvons), je verrais bien un "PALLUS SADIQUE VS PAPY FROTTEUR ET LES PIRANHAS" s'afficher en lettres de sang avec les Arctic Monkeys comme musique de fond, à la rigueur, avec une pointe de distance et de huitième degré ça devrait passer. Mais pas sur la grande scène de Rock En Seine. Quand j'ai quitté le festival, après un set salvateur de Sexy Sushi, le riff de Fluorescent Adolescent résonnait - les Singes étaient encore dans la place. Et je me suis souvenu que, oui, ce riff défonce. Ils ont eu cinq minutes d'inspiration dans leur vie. Evidemment, le batteur s'arrange pour envoyer ses pêches un coup sur le temps un coup à côté, histoire de ramener sa science et de faire le malin (il se prend sans doute pour Ian Paice, auquel cas c'est raté), puis Alex Turner gâche le tout avec une mélodie aussi anorexique que lui, mais oui il y a dix secondes à sauver chez ces trous de gland. J'ai oublié de mentionner qu'ils sont - Turner excepté - obèses et tout à fait dégueulasses et que - Turner non excepté - ils ont autant de charisme que Christine Boutin. Les Arctic Monkeys puent la mort. C'est pas du rock. Ni de la musique. Juste de la merde. De la grosse merde qui pue. Je regrette d'avoir mis autant de temps à broder autour de cette évidence première, mais la haine irrépressible qu'ils font naître en moi méritait qu'ils aient un bon pavé à leur gloire. C'est désormais chose faite. Rideau.

- Sexy Sushi. Enervé et sceptique, je vais voir Sexy Sushi un coup avant de me casser, ma soirée gâchée par les quatre primates. Lorsque j'arrive devant la scène de l'industrie, il y a vingt personnes sur scène, et sur un beat electro objectivement mauvais, une voix totalement cruche répète inlassablement "Cheval, cheval, tu cours comme un fou...", c'est réellement adorable ! Tout le monde se désape, je ne discerne pas réellement la chanteuse qu'on n'apercevra qu'une fois le morceau terminé, lorsque la sécurité évacuera la stage invasion, l'ambiance ici est d'enfer, "cheval mon ami tu es meilleur qu'un dauphin", ça envoie. Un peu comme un Didier Super volontairement décérébré, ou comme une Simone elle est bonne drôle. La chanson suivante est nulle, mais un obèse torse nu avec un masque de lutteur mexicain s'emploie à dégommer une sorte de sapin de Noël et à en envoyer les pièces détachées dans le public, c'est profondément génial. Puis, arrive Le Sex Appeal De La Policière, la seule chanson que je connais de ce groupe truculent : une version brute de décoffrage, incisive, reptilienne. On y voit notamment Rebeka Warrior grimper sur la structure métallique qui tient le chapiteau au-dessus de la scène, se mettre torse-nu, immédiatement suivie par un public empathique, les chansons se suivent, où la nullité est érigée en concept pour se muer la plupart du temps en grands moments géniaux d'humour nonsense à la limite du rite païen, rite qui culminera avec une chanson - une perle - intitulée "Tu dégages", mettant en scène une sorte de scène de ménage archétypique dans toute son absurdité idiote, on est quelque part entre Ionesco, Beckett et Diam's, du grand art. Réconcilié avec l'humanité, j'accueille avec un enthousiasme presque religieux l'intro de "Rachida" : "Bon la grande scène, vous pouvez fermer vos gueules ? On ne s'entend plus ! Ah, mais c'est ces enculés d'Arctic Monkeys ! A MORT LES ARCTIC MONKEYS !!!". Liesse populaire. Je regrette que parfois la chanteuse s'emploie un peu trop à se faire rire elle-même, ce qui fait perdre un peu de consistance au spectacle par moments, mais je ne boude pas mon plaisir. Demeure une question : que fait Sexy Sushi dans la programmation d'un festival de rock ?

- Le délire écolo avec leur gobelet à un euro fait profondément pitié.
- Voilà
- De rien
- Bonsoir.
P.S. : aux dégénérés qui me rétorqueront : "t'aimes pas les Arctic Monkeys, mais en attendant toi tu vends pas de disques, attends d'avoir du succès et tu pourras parler", je ne prendrai pas la peine de répondre, tant il est vrai que suivant le même argumentaire, je me devrais de crier haut et fort mon admiration pour le succès d'André Rieu, Patrick Sébastien, Maïté ou Adolf Hitler.
C'était vraiment très intéressant.